Faire construire sa maison au Sénégal est un projet de plusieurs mois, parfois de plusieurs années, qui mobilise une part importante de l'épargne familiale. Bien préparé, il se déroule sans mauvaise surprise ; mal préparé, il peut s'arrêter au stade des fondations. Voici les étapes clés, le cadre réglementaire en vigueur et des repères de budget.
Étape 1 : sécuriser le terrain avant tout
Aucune construction solide ne repose sur un terrain juridiquement fragile. Avant même de consulter un architecte :
- identifiez le statut du terrain : titre foncier, bail ou délibération (cette dernière n'est pas un titre de propriété) ;
- faites demander un état des droits réels récent auprès de la Conservation de la propriété et des droits fonciers (DGID) ;
- visitez les lieux : bornes, limites, absence d'occupation ;
- vérifiez que le terrain n'est pas situé dans une zone où les procédures foncières ont été suspendues depuis avril 2024.
Un titre régulier est aussi indispensable si vous envisagez un crédit : la BHS, par exemple, l'exige.
Étape 2 : concevoir le projet dans le respect du nouveau Code de la construction
Le Sénégal s'est doté d'un nouveau Code de la construction avec la loi n°2023-20 du 29 décembre 2023. Parmi les points à connaître :
- un contrôle technique obligatoire pour certains projets ;
- des exigences d'efficacité énergétique et d'accessibilité ;
- des règles de stationnement ;
- une autorisation de fouille ;
- pour les grands programmes collectifs, une part de logements sociaux.
Demandez à votre architecte ou à votre bureau d'études de vous indiquer précisément quelles obligations s'appliquent à votre maison.
Étape 3 : obtenir l'autorisation de construire via TELEDAC
La plateforme TELEDAC permet de déposer en ligne les demandes d'autorisation de construire, notamment à Dakar, Pikine, Guédiawaye et Rufisque. À son lancement, des délais de 28 à 40 jours avaient été annoncés ; en pratique, comptez plutôt quelques semaines à quelques mois selon la commune et la complétude du dossier.
Conseil : ne commencez pas les travaux avant d'avoir obtenu l'autorisation. Un dossier complet dès le départ (pièces foncières, plans, identité) évite les allers-retours.
Étape 4 : connaître le rôle de la DSCOS
La DSCOS, aujourd'hui DGSCOS (surveillance et contrôle de l'occupation du sol), contrôle les constructions et les occupations irrégulières. Un chantier sans autorisation, ou qui ne respecte pas celle-ci, s'expose à des mesures de sa part. Gardez donc sur le chantier une copie de votre autorisation et des plans approuvés.
Étape 5 : estimer son budget
En 2025, le coût de construction se situait en ordre de grandeur entre 300 000 et 500 000 FCFA par m², selon des sources commerciales. Ce montant varie fortement selon le standing, la région et les choix de finitions.
| Surface construite | Fourchette basse (300 000 FCFA/m²) | Fourchette haute (500 000 FCFA/m²) |
|---|---|---|
| 100 m² | 30 M FCFA | 50 M FCFA |
| 150 m² | 45 M FCFA | 75 M FCFA |
| 200 m² | 60 M FCFA | 100 M FCFA |
Ces calculs sont de simples illustrations : ils n'incluent ni le terrain, ni les frais d'acquisition, ni les honoraires d'architecte. Prévoyez aussi une marge pour les imprévus.
Financer la construction
- BHS : taux indicatifs d'environ 5 à 8 %, jusqu'à 25 ans, avec domiciliation de salaire et titre régulier exigés ;
- banques commerciales : environ 8 à 12 % (indicatif 2026) ;
- épargne : le compte épargne logement BHS est rémunéré à 3,5 % net et accessible dès 5 000 FCFA ; la BHS propose aussi un Pack Diaspora.
Utilisez un simulateur de prêt pour mesurer l'effort mensuel avant de rencontrer votre banque.
Étape 6 : les grandes phases du chantier
- Préparation du site : nettoyage, implantation, installation de chantier.
- Fondations : la phase la plus critique pour la solidité de l'ouvrage.
- Élévation des murs.
- Toiture ou dalle.
- Second œuvre et finitions : électricité, plomberie, menuiseries, carrelage, peinture.
- Extérieurs : clôture, cour, aménagements.
- Réception : visite de fin de travaux et liste des réserves à lever avant le dernier paiement.
Étape 7 : suivre son chantier, y compris à distance
Pour les Sénégalais de la diaspora, le suivi à distance est souvent la principale source d'inquiétude. Quelques règles de bon sens :
- signez un contrat écrit avec l'entrepreneur, avec devis détaillé, calendrier et échéancier ;
- payez par phase achevée, jamais la totalité à l'avance, et toujours par un moyen traçable ;
- exigez des photos et vidéos datées à chaque étape, et des appels vidéo sur le chantier ;
- mandatez par écrit une personne de confiance ou un professionnel indépendant pour les visites clés, notamment avant de couler les fondations et la dalle ;
- achetez si possible les matériaux vous-même ou vérifiez les factures.
Encadré pratique : votre dossier de départ. Avant le premier coup de pioche, réunissez : l'état des droits réels du terrain, l'autorisation de construire obtenue via TELEDAC, les plans approuvés, le contrat et le devis de l'entrepreneur, l'échéancier de paiement et, le cas échéant, l'offre de prêt. Conservez des copies numériques de chaque document.
Construire ou acheter du neuf ?
Construire permet de tout personnaliser, mais demande du temps et une vraie capacité de suivi. Si vous préférez un bien livré, comparez avec les projets immobiliers publiés sur eKer, ou parcourez les terrains disponibles pour lancer votre propre chantier. Sur eKer, les annonces détaillées indiquent le statut juridique déclaré, les prix sont affichés en FCFA, et vous pouvez comparer les biens, utiliser le simulateur de prêt et échanger avec des agents vérifiés par badge via la messagerie intégrée.
Sources
- Lexenegal : construire au Sénégal, terrain, permis et litiges
- Sénégal Services : demander un état des droits réels
- BHS : Pack Diaspora
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un notaire ou d'un juriste.
